Pourquoi les avocats portent-ils une robe ?

17/10/2017 - Par my-lawyer.be

La robe d’avocat est l’un des costumes civils les plus anciens et reste aujourd’hui un fort symbole d’égalité et d’uniformité. Mais d’où vient cette tradition ?

L’histoire de la robe

La robe d’avocat daterait du XIIème siècle et proviendrait des tenues habituellement portées par le clergé. Le but était de lier la justice au pouvoir royal, ce qui pris fin avec la Révolution Française où tous les signes de la royauté furent évincés.

A l’origine, la robe d’avocat était composée de 33 boutons qui représentaient l’âge de la mort du Christ et portait la couleur noir qui symbolisait le clergé. Aujourd’hui, peu de choses ont changé si ce n’est que le nombre de boutons est déterminé en fonction de la taille de l’avocat.

La réglementation de la robe

Contrairement à la France, le port de la robe chez les avocats belges est très réglementé, en passant par la matière des tissus à la manière de la porter, rien n’est laissé au hasard.

C’est à la suite d’un décret révolutionnaire de 1802 que la robe fut réintroduite chez les avocats :

“Aux audiences de tous les tribunaux, les gens de loi porteront la toge de laine fermée par devant, à manches larges, toque noire, cravate pareille à celle des juges, cheveux longs ou rond”

Le port de la robe est également réglementé par l’article 441 du code judiciaire qui précise que les avocat doivent porter le costume prescrit par le roi, décrit dans l’arrêté du 1er novembre 1968 :

“La toge que portent les avocats est de tissu de laine noire, fermée devant, à manches larges et à rabat blanc plissé. Elle est revêtue de l'épitoge, pièce de tissu de laine noire, froncée en son milieu, garnie aux extrémités d'un rang de fourrure blanche, qui se place sur l'épaule gauche et pend sur la poitrine et sur le dos.”

Comment se porte la robe ?

La robe ne se porte que dans certaines circonstance et l’avocat n’a pas le droit d'utiliser ce costume à sa guise. La toge d’avocat doit être revêtue lors de la prestation de serment de l’avocat, pour les audiences devant les juridictions de l’Ordre, lors de visites aux magistrats ou au bâtonnier et lorsqu’il exerce au bureau d’aide juridique (BAJ).

Par ailleurs, aucun signe religieux ne doit être porté en parallèle de la robe afin que les avocats soient le plus neutre possible lors de l’exercice de leurs fonctions.

A savoir : Toute usurpation du costume d’avocat est punie d’une amende pouvant aller de 200 à 1000€ selon l’article 228 du code pénal.

La robe est un symbole pour les avocats qui en deviennent même superstitieux ! En effet, l’on dit que les avocats prêtent serment dans leur première robe, gagnent leur vie dans la seconde et meurent dans la troisième… Pour conjurer le sort, certains achètent même simultanément la 3ème et 4ème robe !